Vous vous êtes fait avoir. Voici quoi faire, dans l'ordre
D'abord : ce n'est pas votre faute. Ces messages sont conçus pour tromper des gens attentifs, et ils y parviennent tous les jours. Ce qui compte maintenant, c'est l'ordre des gestes — certains n'ont de valeur que dans la première heure.
Dans l'heure — Couper l'accès à l'argent
- Faire opposition sur la carte bancaire si vous avez saisi son numéro, même sans validation apparente.
- Appeler votre banque au numéro figurant au dos de la carte — jamais à un numéro reçu par message.
- Changer le mot de passe du compte concerné, puis celui de tous les services où vous utilisiez le même.
- Ne pas répondre au message ni rappeler : cela confirme que la ligne est active et vous désigne pour la suite.
Dans la journée — Constater et conserver
- Photographier ou enregistrer le message, l'adresse de l'expéditeur et l'adresse du site visité : ces éléments seront demandés.
- Vérifier vos relevés bancaires, y compris les petits montants — un prélèvement d'essai précède souvent le vrai.
- Contrôler les règles de votre messagerie : une redirection ajoutée à votre insu permet d'intercepter vos codes.
- Activer la double authentification sur votre messagerie principale, qui commande la réinitialisation de tous vos autres comptes.
Dans la semaine — Signaler et faire valoir vos droits
- Déposer plainte : c'est la pièce que votre banque exigera pour instruire un remboursement.
- Signaler le message et le site frauduleux aux services officiels de votre pays, ce qui contribue à les faire fermer.
- Demander le remboursement à votre banque. Un paiement non autorisé doit vous être remboursé, sauf négligence grave de votre part — un débit consécutif à un hameçonnage entre rarement dans cette catégorie.
- Surveiller votre courrier et vos comptes pendant plusieurs mois : les données volées sont revendues et réutilisées longtemps après.
Les démarches en Suisse
- Bloquer votre carte — Appelez sans attendre le numéro d'urgence figurant au dos de votre carte ou dans votre e-banking.
- Signaler le SMS — Annoncez le message à l'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via son formulaire de signalement. (report.ncsc.admin.ch)
- Signaler l'email ou le site — Signalez la page de hameçonnage sur antiphishing.ch — elle sera bloquée pour les autres internautes. (antiphishing.ch)
- Porter plainte — Déposez plainte auprès de la police cantonale. Le portail cybercrimepolice.ch oriente selon votre canton. (cybercrimepolice.ch)
Votre cas précis
J'ai cliqué sur le lien mais je n'ai rien saisi
Le risque est faible. Un simple affichage de page ne suffit presque jamais à compromettre un téléphone à jour. Ne saisissez rien, fermez l'onglet, et vérifiez qu'aucun téléchargement n'a démarré. Par précaution, mettez votre appareil à jour.
J'ai saisi mon numéro de carte bancaire
Faites opposition immédiatement, sans attendre de voir un débit. Les données de carte sont souvent revendues et utilisées plusieurs semaines plus tard, parfois après un premier prélèvement d'essai de quelques centimes.
J'ai donné un code reçu par SMS
C'est le cas le plus urgent : ce code valide une opération. Appelez votre banque immédiatement. Aucun organisme légitime ne demande ce code, ni par téléphone, ni par message, ni pour annuler quoi que ce soit.
J'ai envoyé une copie de ma pièce d'identité
Le risque est l'usurpation d'identité, notamment l'ouverture de crédits à votre nom. Déposez plainte pour disposer d'une preuve datée, et surveillez votre courrier. En France, vous pouvez exercer votre droit d'accès au fichier des incidents de remboursement auprès de la Banque de France.
J'ai installé un logiciel qu'on m'a demandé d'installer
Coupez la connexion internet de l'appareil, puis désinstallez le logiciel depuis un autre appareil si une prise en main à distance est en cours. Changez ensuite vos mots de passe depuis un appareil sain, jamais depuis celui qui est compromis.
J'ai fait un virement
Contactez votre banque dans la minute : un virement peut parfois être rappelé s'il n'est pas encore exécuté. Déposez plainte sans attendre. Le remboursement est plus difficile que pour un paiement par carte, car un virement est réputé autorisé — d'où l'importance de la plainte et de la chronologie.
Après une première arnaque, les sollicitations se multiplient : certains escrocs se présentent même comme des sociétés capables de récupérer l'argent perdu — c'est une seconde arnaque. Faites vérifier avant de répondre, et consultez les signaux d'un faux message.