Comment reconnaître un faux mail ou un faux SMS

Un faux message se trahit presque toujours par un détail. En voici huit, valables quel que soit le nom affiché — La Poste Suisse, votre banque ou une administration. Pour chacun, ce que fait un message authentique à la place.

1. L'adresse du lien ne correspond pas à l'organisme

Le signal : Le texte affiche un nom connu, mais l'adresse réelle du lien mène ailleurs. Sur ordinateur, elle apparaît en bas de l'écran au survol ; sur téléphone, un appui long l'affiche sans ouvrir la page.

Un vrai message : Un message authentique renvoie vers le domaine officiel de l'organisme, celui que vous trouvez en tapant son nom dans un moteur de recherche.

2. Une urgence qui interdit de vérifier

Le signal : Délai de 24 ou 48 heures, menace de suspension, de perte du colis ou de poursuites. L'objectif est d'empêcher le seul geste qui protège : prendre le temps de contrôler ailleurs.

Un vrai message : Une administration ou une banque laisse toujours le temps de réagir, et rappelle l'information dans votre espace client.

3. Une demande d'information que l'organisme possède déjà

Le signal : Numéro de carte, code reçu par SMS, mot de passe, IBAN, copie de pièce d'identité. Votre banque connaît votre IBAN ; l'administration fiscale connaît votre compte.

Un vrai message : Un organisme légitime ne demande jamais de code de validation, ni de mot de passe, par message ou par téléphone.

4. Un paiement de faible montant

Le signal : 1,99 €, 2,99 €, quelques francs. La somme est calculée pour paraître négligeable : ce n'est pas elle qui est visée, c'est le numéro de carte saisi pour la régler.

Un vrai message : Un transporteur ne réclame pas de paiement par SMS pour libérer un colis. Les frais réels sont réglés au moment de la remise, contre justificatif.

5. Une adresse d'expéditeur qui imite sans reproduire

Le signal : Un domaine officiel placé au mauvais endroit — « laposte.notif-colis.info » — ou une extension inhabituelle pour un organisme institutionnel.

Un vrai message : L'expéditeur d'un message officiel appartient au domaine de l'organisme, et non à un sous-domaine hébergé ailleurs.

6. Une formule d'adresse impersonnelle

Le signal : « Cher client », « Bonjour », aucun nom. L'escroc envoie le même message à des milliers de personnes dont il ignore l'identité.

Un vrai message : Un organisme dont vous êtes client connaît votre nom, et souvent votre numéro de dossier ou de commande.

7. Des fautes, des accents manquants, une mise en page approximative

Le signal : Accents absents, espaces avant la ponctuation, logo pixelisé, alignements irréguliers. Signal réel mais de moins en moins fiable : les outils de rédaction automatique ont largement effacé ce défaut.

Un vrai message : Une communication officielle est relue. Attention toutefois : un message parfaitement rédigé n'est plus une preuve de légitimité.

8. Un message qui arrive sans que rien ne l'appelle

Le signal : Un avis de livraison alors que vous n'avez rien commandé, un remboursement que vous n'attendiez pas, une facture d'un service auquel vous n'êtes pas abonné.

Un vrai message : Un message légitime se rattache toujours à une action que vous avez faite, et vous pouvez la retrouver dans vos emails ou votre espace client.

La règle qui protège même quand on doute encore

Aucun de ces signaux n'est infaillible, et les escrocs les corrigent à mesure qu'ils deviennent connus. Une seule règle résiste à toutes les variantes : ne jamais passer par le lien ou le numéro fourni par le message lui-même. Tapez l'adresse de l'organisme vous-même, ouvrez son application, ou appelez le numéro imprimé au dos de votre carte.

Dans le doute, faites analyser le message gratuitement ou transférez-le à verif@louche-ou-pas.fr. Voir aussi le lexique des arnaques et que faire si vous avez déjà cliqué.